Désolée, tu n’es pas immortel - Raya Rizk

Publié le par Campus-j

Désolée, tu n’es pas immortel - Raya Rizk

Tu es limité par ta condition humaine : celle de vivre pour finalement mourir. Tu as une durée de passage sur terre. Un moment pour ressentir un alliage d’émotions.

Ma période sur terre aujourd’hui est d’environ 21 ans. Ou 7665 jours. Ou 183960 heures. 

Le temps court et ne te donne pas le temps. Pour t’auto-rassurer, tu finis par croire ton propre mensonge, celui qui t’accorde l’immortalité. Et tu reportes. Tu reportes le fait de bien préparer ton examen d’entrée dans telle université. Le diner que tu as promis à ta grand-mère. De faire du théâtre. D’enregistrer un album. De fonder ta propre entreprise. L’occasion de rappeler à tes parents que tu les aimes. D’escalader les Himalaya. D’avoir envie de pleurer jusqu’à ce que tes larmes sèchent. De faire le tour du monde avec ton/ ta meilleur(e) ami(e). De tomber amoureux.

Tu fais semblant de croire que les mauvaises choses n’arrivent qu’aux autres. Alors que comme chaque personne qui t’entoure, tu es une cible facile.

Les regrets ont un goût amer. C’est désagréable de trainer des insatisfactions jusqu’au bout.  Le bonheur. L’authenticité. Tu les recherches aussi. A ta façon. 

Le problème a sa solution. Le deuil, son temps de récupération. La vie continue. Tes bonheurs et tes malheurs créent ton expérience. Ton expérience te permet d’exister. Ton existence a une durée de vie. Ne la gaspille pas.

 

Raya Rizk, étudiante en master en information et communication.

(Article à paraître dans le numéro 3 de décembre 2014)

Publié dans Point de vue

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