La voix « étouffée » : rapport sur la suspension des élections à l’USJ - Nadine Hoyek

Publié le par Campus-j

La voix « étouffée » : rapport sur la suspension des élections à l’USJ - Nadine Hoyek

Suite à la réunion du Conseil de l’Université Saint-Joseph le 29 octobre 2014, une décision de suspension des élections des amicales d’étudiants a été prise et ce, pour l’année universitaire 2014-2015. Ce « verdict » n’a pas été sans résonner  dans les médias locaux et dans  les propos des étudiants, au point qu’il est devenu le « dernier cri » pour plus d’un mois après sa prononciation. L’équipe de Campus-J a voulu rapporter les échos de cette décision, acclamée par certains étudiants et rejetée par d’autres. Ci-dessous est retranscrite textuellement la voix de plusieurs étudiants, sélectionnés au hasard des campus de l’USJ à Beyrouth.


« Je pense que cette décision est la meilleure qui ai été prise depuis l’histoire de l’université. Le campus de la rue Huvelin assiste chaque année à des conflits politiques voire confessionnels, et ce n’est que grâce à cette suspension des élections que la « paix », si je puis dire, est en train de régner cette année. Les amicales doivent tout d’abord travailler pour le bien des étudiants, et rien que pour le bien des étudiants. Donc, les soirées et les camps, pour moi, ce n’est pas ça le travail de l’amicale. L’amicale doit travailler pour améliorer la vie académique avant de se soucier de la vie sociale des étudiants, et ce, en parlant aux professeurs lorsqu’il y a un problème et en réglant tous genres de conflits qui pourraient avoir lieu. La vie étudiante à l’USJ est en train de s’améliorer, mais le problème c’est que les étudiants pensent toujours aux amicales avant de penser à la vie étudiante de l’université, et c’est pour cette raison que je crois que les étudiants ne se soucient pas beaucoup  des activités de la vie étudiante, ce qui est vraiment dommage !» (Anonyme, étudiante au CSS)

« J’ai cru comprendre que cette suspension était due à l’irresponsabilité de certains étudiants, qui auraient pu profiter du climat politique pour fomenter des troubles. Transposons cette situation à l’échelle nationale: si des citoyens fomentent des troubles est-ce une raison pour prendre faute la nation en otage? L’USJ s’inspirerait-elle de la SDN à la sortie du premier conflit mondial, qui considérait (à travers son prisme colonialiste) que certains peuples n’étaient pas assez développés pour s’auto-gouverner? Les amicales estudiantines devraient être soumises à un contrôle et pourraient être éventuellement destituées par des votes anticipés. Il faut donner la possibilité aux étudiants et à LEURS amicales d’agir en dehors du cadre universitaire à travers des engagements sociaux qui pavent la longue voie qui mène à la citoyenneté »
(Raphael Checri, étudiant au CSH)


« Je suis pour la suspension des élections car le vote était basé sur des choix politiques qui à mon avis importent peu pour choisir quelqu’un qui le mérite bien. Concernant l’amicale de la FM, en général l’impact était bien mais je pense que le côté coopération avec les autres associations dans le campus manque. Et l’amicale est censée demander aussi à propos des augmentations des frais de l’apprentissage. Concernant les activités que je propose, la présence d’une amicale est un élément très important (mais loin de la politique) preuve en est qu’en son absence cette année trop d’events n’ont pas eu lieu. Je propose organiser des sorties (journées par exemple) non seulement des dîners.»
(Marie-Rose Kassab, étudiante au CSM)


« L’élection d’amicale ne m’a jamais intéressée. C’est très politisé et n’a aucun intérêt envers les étudiants. Ils ont jamais rien fait. Donc je suis indifférente. Avec ou sans c’est pareil. --> Indifférence ». (Anonyme, étudiante au CSS)


« Pas d’avis personnel sur la politique. Je propose des activités au sein du campus pour rendre la vie étudiante plus agréable: musique + événements + session diverses ».
(Anonyme, étudiante au CIS)
 

« It was not a very wise decision knowing that USJ has always been the first university allowing students to express themselves even during the post civil war occupation era. Student councils should organize public debates concerning political or social actualities. That's how we can show ourselves & the USJ administration that we can discuss our differences in a civilized way without having a side locked up inside the campus and another side gathered outside. A unified Christmas dinner would be a great start. Too late, khayra bi ghayra.»
(Christian Mouawad, étudiant au CSM)

« Les élections sont un droit dont bénéficient les étudiants. Dans des circonstances normales, les annuler serait leurs ôter de leur liberté de s’exprimer et de choisir leurs représentants. Mais depuis quelques années, l’approche de cet évènement est appréhendée par l’université qui doit s’attendre au pire : violences physiques, injures, disputes, agressions etc. Interdire ces élections a été au moment même une bonne initiative, mais c’est loin d’être une solution définitive pour les prochaines années ! »
(Raya Rizk, étudiante au CSH)


« Malgré le fait que l’administration a décidé la suspension des élections, les élèves veulent toujours politiser même les élections de délégués. Il faut que l’USJ interdit même de parler politique pour préserver le respect et la dignité des élèves. On n’est pas obligé de suspendre les cours spécialement à Huvelin à cause des problèmes. »
(Anonyme, étudiante au CSS)

« Akid ana dodd enno yenlagha elections laanno heyde chaghle dodd el democratie w ma fina hek nelghiya mn hayalla chi bs laan sar machekil sent el madye bi campus manno taba3na. Bs mn mayle tenye kamen ma3 enno ykoun fi lejne btechrouf 3al entikhabet w bt jarrib ad ma fiya tkoun el entikhabet manna msayyase. Lezim el amicale tejtemi3 aktar…laan 3adatan alil la tejtemi3…fi ktir  echya projeyet lezim taamela mch bas tehtam bl events ra2es w seker…fiyon yaamlo masalan chi projet jardin aw heke… »
(Serge Sassine, étudiant au CSM)

« Je suis contre la suspension des élections de l’amicale. Ces élections sont le seul moyen pour assurer l’application d’une bonne démocratie. »
(Anonyme, étudiante au CSS)


« Ma ken fi de3e telta8a l inti5abet cs mara2 fatrat ken fiya l wad3 l amne a5tar w sart l 2enti5abet w darbet kaff (3enna) ma sar. Ma lezim ykoun kl l che8l mebne mn montala2 syese w la 5adamet syasye cs hal sene ma sar 2enti5abet bayan 2eno kl shi3araton kezb w da3eye enti5abye bs w ma chfna 7ada mennon mn ba3d arar 2l8e2 l enti5abet.ynas2o ma3 l pastoral aktr w yed3amouwon aktr bl niheye ne7na bjem3a masi7ye yasou3ye. 3am jeweb 3le ka elie hleihel w ka cha5s bl esib bs l esib ma2souda...badna knisi kbiri bl esib kif bl fm cs l knise 3ena mouhmale jeddan 7atina ta7t maw2a3 l service social b2ouda s8ire 3eb........!!! W akid y2mnoulna staget 3al ard aktr mch 7ake bl hawa w ykatro l eventet bl jem3a mch aktaryeta ykoun barat l jem3a w 3achawet w fa5fa5a fi osas basita w ajmal btn3amal bl jem3a. (Elie Hleihel, étudiant au CST)


«Je pense que la raison principale de la suspension des élections des amicales estudiantines à l’USJ est la tension agressive et les problèmes qui ont eu lieu l’année passée au CSS. Personnellement, j’étais avec la suspension des élections.  Les amicales des étudiants essayent par tous les outils mis à leur disposition (événements organisés,…) de gagner les élections. Et leur chance de gagner sera d’autant plus forte que le support financier de la part de leurs partis politiques est important. Au contraire, une fois les élections terminées, la présence de l’amicale ne sera plus sentie et à tous les niveaux. L’amicale, comme son nom l’indique, doit diffuser l’esprit d’amitié, de compréhension et d’acceptation de l’autre qui est différent. Son rôle doit être de rassembler et non pas de séparer. Je pense que les étudiants devraient être poussés à participer plus aux différents événements sociaux, sportifs…au Liban comme la participation de l’USJ au marathon, à des projets bénévoles afin que l’USJ soit plus intégrée et plus active dans la société libanaise. »
(Tony Eid, étudiant au CSS)


«Le peuple qui n'apprécie pas la démocratie ne la mérite pas »
(Sara El Tawil, étudiante au CSH)

« bfaddil ykoun fi entikhabet bs mch msayyase »
(Rayane Mouawad, étudiante au CSM)

 

« A mon avis le faite de suspendre les élections estudiantine est déjà une bonne chose pour pouvoir guérir l'université saint joseph du virus "la politique provocatrice" »
(Abdallah Asaad, étudiant au CSH)
 

« elghe2 el entikhabet fiya chi mnih w chi mch mnih. W aslan ma baarif leh nlaghit ! »
(Anonyme, étudiante au CSM)


 

Nadine Hoyek

étudiante en médecine
(Équipe Campus-J)

 

Publié dans Enquête

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