Liberté Pour Tous!

Publié le par Campus-j

Il est difficile de définir ce qu’est la liberté. Débutons donc par dire ce qu’elle n’est pas. La liberté n’est pas le libre arbitre, elle n’est pas l’acte gratuit. Être libre, ce n’est pas faire tout ce que l’on veut, dans lequel cas nous agissons sans penser. C’est l’illusion principale qui falsifie le concept de liberté : son association à l’assouvissement de tous nos désirs. Or, lorsque nous répondons à toutes nos envies, nous sommes soumis à la force de la passion. Au contraire, être libre signifie être dans l’autodétermination : autonome, j’applique les décisions qui émanent de ma propre volonté réfléchie. Cependant, comment être libre lorsque tant de contraintes neutralisent notre raison ?

Liberté Pour Tous!

Société

Le premier ennemi de la liberté est la société. Comment suivre le cours de nos volontés personnelles lorsque nous vivons dans une communauté qui prône la robotisation des hommes et annihile l’individualité ? « Il y a ce que les Allemands appellent Zeitgeist, l’esprit du temps, nous le suivons tous, d’une manière ou d’une autre » affirme l’écrivain Amin Maalouf dans Les désorientés. Très subtilement et au fil du temps, on nous impose de faux idéaux qui absorbent notre liberté de penser. Le lavage de cerveau collectif nous manipule pour passer notre vie à vouloir faire plus d’argent afin d’acheter toujours plus. La société de consommation qui persiste depuis le siècle passé possède une visée d’enrichissement sans limite : les prix des appareils ménagers en augmentation continue sont inversement proportionnels à leur qualité, qui ne cesse de diminuer. Résultat : un client éternellement insatisfait par la technologie passe son existence à renouveler des objets qui lui sont désormais nécessaires (de l’ordinateur à la voiture, en passant par le mobilier de la maison).

Liberté Pour Tous!

« Nous sommes enfermés dans le système et il n’est pas permis de s’échapper. Même si nous le voulions. Et nous ne le voulons pas vraiment. », Jean d’Ormesson.

On nous a imposé un monde robotisé où des journées se répètent, identiques à elles-mêmes. Nous vivons tous aujourd’hui à un rythme vertigineux qui ne donne pas lieu à l’amusement. Qui de nous peut se passer de son téléphone portable ou d’internet pendant une journée ? Peu de monde. Il devient de plus en plus urgent de s’émanciper de cet endoctrinement afin de jouir d’une réelle sérénité et freiner le dérèglement du monde.

Politique

Autant qu’en société, le despotisme est omniprésent en politique. La notion de liberté est incompatible avec un régime politique totalitaire. En effet, lorsque nous vivons dans un pays où les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire résident dans la main d’une seule et même personne, nous sommes en réalité soumis aux passions de ce despote. Il agit selon son libre arbitre et entraine par là des cataclysmes irréversibles.

Déterminisme biologique

Nous avons précisé précédemment que la liberté provient d’une volonté intérieure, présidée par la raison. Par conséquent, toute personne incapable d’user de sa raison n’est pas libre. Cette tranche regroupe les enfants en bas âge et les patients souffrant d’une pathologie annulant le bon fonctionnement de la raison (démence, maladies dégénératives et toutes sortes de psychoses). Malheureusement, la liberté n’est donc pas accessible à tous.

Religion

La religion est un acteur puissant dans l’asservissement des populations. Telle qu’elle est décrite par Marx, elle constitue un opium qui pousse les prolétaires à la passivité parce qu’ils croient à une vie après la mort où Dieu punirait leurs bourreaux. Dans cette perspective, la religion provoque une misère parmi les ouvriers et devient la source de l’inégalité sociale. Elle offre un réconfort fictif aux prolétaires qui souffrent de leur condition et endort la conscience. Dès lors, ils sont incapables de réfléchir et donc incapables de recouvrer leur liberté.

Comment être libre malgré toutes ces contraintes ?

Liberté Pour Tous!

L’être humain, comme nous l’avons constaté, est soumis à une multitude de facteurs constrictifs : société, religion, organisme biologique, passions, pesanteur, politique, etc. Il est incessamment dominé par des interdits qui ne sont pas toujours fondés. Certains peuvent être dépassés dans une certaine mesure, alors que d’autres sont moins faciles à surmonter (notamment les déterminismes biologiques). Le caractère extérieur de ces empêchements mobilise le sujet à avoir une emprise dessus et s’en émanciper.

Pour ce faire, la règle primordiale à exécuter est la démocratie. En instaurant une loi juste appliquée à tous les membres d’une communauté, chacun reçoit sa part de droits sans empêcher quiconque de bénéficier de la sienne. Autrement dit, chacun profite de sa liberté sans écraser celle d’un autre : ma liberté s’arrête là où commence la liberté de l’autre. Rousseau explique la liberté à travers le pacte social : ce n’est ni être soumis à la volonté d’un autre, ni soumettre un autre à sa propre volonté (ce qui justifie d’ailleurs que le despote n’est pas libre).

Néanmoins, il est impératif de mentionner que la justice se fait par peur du châtiment et non par choix. Dans L’anneau de Gygès de Platon, lorsque le berger découvre la bague d’invisibilité, il va vouloir étendre son pouvoir et refuser de conserver ses valeurs de justice. Paradoxalement, la justice sert les intérêts collectifs sans pour autant combler les intérêts individuels. L’homme se protège des excès des autres à travers la justice, tout en faisant des excès à son tour dès qu’il en a l’occasion. Par suite, comme le soutient le philosophe Kant, il a besoin d’un maître qui l’empêche d’abuser de sa liberté. Le déliement de cette complexité résiderait éventuellement dans le renoncement aux intérêts individuels dans une dynamique de profit collectif. La conviction personnelle devrait faire primer la devise française : Liberté, égalité, fraternité !

Layana Awade, ISO.

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