Boulimie d'écriture

Publié le par Campus-j

On dit beaucoup de choses sur les jeunes d’aujourd’hui : qu’ils n’aiment pas la lecture, n’ont aucun goût pour l’effort et vivent tout le temps dans le bruit! Sans chercher à polémiquer avec ces clichés, une chose est indéniable : nous, les jeunes d’aujourd’hui, aimons écrire! Petit tour dans les ateliers d’écriture du département de lettres françaises du CEULN (Centre d’études universitaires du Liban nord) de septembre à novembre 2015.

 

Les ateliers d’écriture font évidemment partie du cursus de tout étudiant en lettres digne de ce nom, mais sans pour autant être la spécialité des littéraires. D’ailleurs, chaque participant a une expérience unique et propre à lui dans un atelier. L’animateur fait des propositions d’écriture, lance la bombe à création et chacun “fait son trip” avec ce qu’il a dans les tripes. L’expérience nous conduit parfois loin des salles de classe et hors des murs de l’université.

Ecrire à Byblos

Une des plus vieilles villes du Liban, riche en reliques du passé, Byblos était et reste une source d’inspiration pour de nombreux auteurs. Pour apaiser leur soif d’écriture, les étudiantes du département des lettres françaises, munies d’un stylo et d’un calepin, se sont précipitées un jour, de bonne heure, pour voir Byblos sous un angle différent.

Les étudiantes ont visité l’église de Mar Simaan ou Saint Siméon le Stylite où la grandeur du créateur est palpable. Elles en sont sorties impressionnées. Les rues de Byblos témoignent de la riche histoire de cette ville. La forte présence des touristes est un signe incontestable de son importance mondiale. Après avoir circulé dans les vieux souks, direction le port où le terrestre, le maritime et le céleste s’allient pour créer une autre réalité.

Une balade enivrante a mené les pas des apprenties écrivaines à un restaurant libanais hors du commun de quoi écrire des pages entières de souvenirs sensationnels.

Les gourmands et les gourmets

Autres sensations “inspiratrices” : celles du palais. Rabelais nous le dit bien. L’animatrice de l’atelier, Mme Nisrine Ojeil, nous l’a rappelé à travers de nombreux autres écrivains et personnages. Le sujet est léger, mais la plume prend très au sérieux le ventre! Décidément, notre atelier devient bien gourmand.

Voilà que le vendredi 6 novembre, la cafétéria du CEULN est envahie par un groupe d’étudiantes affamées venues manger, déguster, lire, écouter, savourer, écrire. Ces étudiantes en littérature ont l’habitude de voir leur domaine empiéter sur celui de la philosophie, la sociologie, la peinture, le cinéma etc… Cette fois-ci, c’est dans le domaine culinaire qu’elles sont invitées à entrer.

Brunch ou café littéraire?

Autour d’une table bien de chez nous, parsemée de plats multicolores qui mettent l’eau à la bouche, le groupe d’atelier d’écriture a partagé le petit déjeuner avec le personnel du campus du Nord; parce que les plaisirs de la lecture et de l’écriture passent aussi par la bouche. Etaient également présents plusieurs écrivains par leurs recettes hilarantes comme Pierre Darc et Raymond Queneau. Les Gargantuas du CEULN ont voyagé à travers les siècles pour apprécier le génie des auteurs qui ont décrit les personnages gourmands et les scènes du festin.

Développer les facultés créatrices de l’étudiant et lui faire découvrir plusieurs formes d’écriture reçues et/ou produites, est un des objectifs que nos enseignants ont à cœur d’atteindre. En effet, la littérature est non seulement un havre de l’esprit, mais aussi un lieu de vie.

 

Rime Khalaf, FLSHN.

Publié dans Tribune

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