Elle et lui

Publié le par Campus-j

Elle et lui

Il sonna, et attendit qu'elle lui ouvre. Il fixait la porte sans la voir, perdu dans ses pensées.

Elle se figea quand la sonnerie retentit. Il était là. Elle se regarda une dernière fois dans le miroir, examina sa tenue et son maquillage. Elle savait qu'elle avait mis de beaux vêtements, mais pour une raison inconnue, elle ne se trouvait pas assez belle. Elle chassa ces pensées de son esprit et descendit les escaliers trois à trois dans sa hâte de le voir.

Il entendit des pas dans l'escalier. Il se redressa et se prépara à dire bonjour.

Elle ouvrit la porte à la volée. Elle l'observa, ravie. Il avait pris soin de son apparence, s’était bien habillé. Elle sentit que sa poitrine allait exploser.

Il la regarda. Elle était belle. Il la complimenta sur sa tenue, et observa longuement sa bouche, avant de sourire et de marmonner qu'il aimait beaucoup son rouge à lèvres.

Ils se dirigèrent vers la voiture, où deux de leurs amis les attendaient. Il se mit au volant ; elle s'assit sur la banquette arrière. Les quatre amis se mirent en route.

Elle avait ouvert la fenêtre et laissait le vent jouer dans ses cheveux. Elle ferma les yeux et se perdit dans l'instant présent.

Il avait les yeux rivés sur le rétroviseur, la regardant. Son ami, assis à côté de lui, les observait tous les deux.

Elle ouvrit les yeux, et dirigea son regard vers le rétroviseur. Elle s’aperçut que ses yeux la regardaient. Ils ne brisèrent pas le contact, durant un long moment électrique. Finalement, ses yeux se plissèrent en un sourire, et il se concentra à nouveau sur la route. Elle, se tourna à nouveau vers la fenêtre, haletante, essayant de respirer calmement.

Ils arrivèrent à destination, et descendirent se promener. Il n'accordait d'attention qu'à elle, elle ne voyait que lui. La journée fut, pour elle, un délice.

En fin d’après-midi, il la raccompagna chez elle. Elle descendit de la voiture et lui adressa un petit sourire.

Il lui parla le soir même. Il lui parla le lendemain. Il lui parla le surlendemain, puis tous les jours de la semaine, puis tous les jours du mois.

Elle tomba amoureuse de lui, sans même y faire attention.

Un jour, sa bouche la trahit. Cette bouche qu'il observait tous les jours, croyant qu'elle ne le remarquait pas. Sa bouche la trahit, et avoua qu'elle le considérait comme plus qu'un simple ami.

Son visage se transforma. Il jaunit, pâlit, blanchit. Il ne sut que dire. Lui habituellement si confiant, était pour la première fois à court de mots.

Elle le regardait, sentant qu'un gouffre énorme se dessinait dans son cœur.

Il arriva enfin à prononcer des mots. Des mots vides de sens. Il dit qu'il était surpris. Qu'il n'avait jamais pensé à elle de cette façon, qu’il ne se l'était pas permis. Elle était une amie très chère à lui, elle le savait, bien sûr. Il dit qu'il ne voulait pas la blesser. Qu'il ne la blesserait jamais. Puis il s’en alla.

Elle le regarda s'éloigner. Elle n'essaya pas de le retenir. Elle ne le voulait pas. Elle n'était pas triste ; elle était choquée. De toutes les réponses qu'elle avait imaginées, celle-ci n'avait jamais traversé son esprit. Était-ce le même garçon avec lequel elle parlait chaque jour, qui l'appelait chérie ? Qui avait peur pour elle, qui était même des fois jaloux ?

Deux voix dans sa tête s’entrechoquaient. L'une d'elles clamait qu'il était un menteur, un bourreau des cœurs. L'autre ripostait que non, qu’il était simplement trop naïf, peut-être même stupide. Elle ne savait pas laquelle avait raison. Elle ne savait surtout pas quelle explication était pire.

Tout ce qu'elle savait, c'est qu'il avait fui. Il disait ne pas vouloir la blesser, mais ne voyait-il pas qu'il l'avait déjà tuée ?

Anonyme

Publié dans Détente

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