Lueur d'espoir

Publié le par Campus-j

Lueur d'espoir

Quoi dire? Quoi penser? Trop de sang sur beaucoup trop de corps. Trop de larmes sur beaucoup trop de joues. Trop de cris qui nous laissent sans voix. Le monde est au pied du mur et l'humanité ne peut tomber plus bas. L'humanité... qu'est-ce que l'humanité? Vous la connaissez, vous? Parce que moi, tout ce que je sais d’elle, c'est qu'elle n'existe pas, c'est qu'elle n'existe plus. Je suis triste pour mon pays, triste pour les scarifications sordides qui déforment son visage, triste pour ses balbutiements à l'encontre de l'histoire. Je suis triste pour mes frères, triste qu'ils se noient dans des flaques rouge sang, triste qu'ils perdent leurs êtres chers dans le feu d'un bombardement. Je suis triste qu'ils croient avoir perdu leur avenir, triste qu'ils soient soumis à la fatalité de leur temps. Je suis libanaise mais je pense au monde entier, à toutes les victimes, toutes les familles, tous ceux qui prenaient un café tranquillement un vendredi soir, un vendredi 13, tous ceux qui rentraient chez eux à pieds et attendaient de prendre leurs proches dans leur bras en arrivant, tous ceux qui pensaient aller au travail le lendemain mais qui n’auront plus jamais de lendemain. Ça aurait pu être moi, ça aurait pu être toi. Toute personne toujours en vie est une cible en danger, car le terrorisme n'a pas de religion, n'a pas de couleur, n'a pas de frontières, n'a pas de Dieu, hormis celui de la mort. Enfin, laissez-moi vous faire une dernière confidence : l'humanité c'est vous, l'humanité c'est moi, et la violence dont nous sommes victimes ravivera toujours en nous la révolte contre ceux qui tentent de défigurer la paix. Et tant qu'il y a révolte, il y a espoir.

Sarah Aboumoussa - FM

Publié dans Tribune

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