L’état d’ « Être »

Publié le par Campus-j

L’état d’ « Être »

Actuellement, l'impatience chronique s'empare de notre quotidien. Tout doit nous être délivré instantanément.

Preuve:

« Être » était ma toute première rencontre avec la famille des infinitifs. On m'avait appris qu'il était le collègue de « Avoir ». « Être » et « Avoir », maîtres des verbes, certes, mais surtout considérés comme auxiliaires.

Commençons par définir « auxiliaire ». J'ouvre Le Petit Larousse qui me donne ce qui suit:

« Auxiliaire: n. Personne, chose qui fournit une aide, momentanément ou accessoirement. »

Malgré son statut d’ « auxiliaire », c'est lui qui guide tous les verbes dans le domaine de la conjugaison. Il est présent lors du changement du temps et il change le cadre des événements. Tous les verbes seraient condamnés à résider secs pour le restant de leur vie si les deux auxiliaires refusaient de leur accorder cette faveur. Une faveur qui révèle une attitude de responsabilité vis-à-vis de la langue française.

Les piliers de cette grande forteresse grammaticale et littéraire ont été bâtis patiemment, permettant aux disciples de la langue française d’en récolter la gloire.

Cependant, notre ère nous force malheureusement à tout comprimer, à négliger l'essentiel, à fermer les yeux sur tout acte de violence commis envers l'histoire et cela pour anéantir graduellement le peuple. Nous nous permettons d’écrire à notre guise, de dépasser les normes de la Langue jadis cristallisées.

Qui suis-je pour entraver les efforts des grands pour un caprice des plus petits ?

Qui suis-je pour laisser ma plume enfreindre les normes d’un respect basique ? Un respect que je dois à mes années d’apprentissage.

Un respect que je dois aux pionniers de la langue.

Qui suis-je pour mériter de toucher à l’auréole des lettres ?

Qui suis-je pour bâcler des étapes ?

Qui suis-je pour déshonorer « Être », en lui ôtant son « chapeau » ?

Son « chapeau » est le phare des verbes. Il est le vestige des guerres qu’a menées la langue écrite, tout en étant l’étendard même de sa victoire.

Nous ne pouvons, sous aucun prétexte, détruire l’historique des choses pour assouvir nos désirs lamentables.

Nous sommes dans l’obligation de rétablir l’ordre avant qu’il ne soit trop tard. Avant que tous les chapeaux des mots ne reviennent furieux pour récupérer leurs droits. Entre temps, il nous faut combattre l’absurde, et être circonflexe !

#JeSuisCirconflexe !

Maria Abou Mrad – FP

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