La roue tourne

Publié le par Campus-j

La roue tourne

Ah ! Les “équivalences”. Ces espèces d’énergumènes que l’on rencontre surtout quand on est en médecine (mais pas seulement). Des gens vraiment bizarres, on se demande s’ils sont quelque part masochistes ou fous. Avec 40 crédits par semestre ou bien 20 crédits toute l’année, ils ne connaissent pas le juste milieu !

Mais en fait, c’est comment de se retrouver parachuté dans un nouvel environnement avec, souvent, des personnes plus jeunes ? C’est comment de laisser derrière soi un morceau de nous-même, au nom d’une passion ou d’un rêve ?

Quand on fait partie de cette catégorie « spéciale », il y a beaucoup de chemin à faire. Savoir fermer les yeux sur le passé déjà, un passé peut-être qui nous avait marqué et où nous nous sommes démarqués aussi (oui, oui, on peut avoir été bon !). Savoir prendre du recul et aller de l’avant, en choisissant de perdre une année ou de se surcharger en matières pour le meilleur et pour le pire. Savoir fermer les yeux face aux petites injustices, et ne jamais oublier le but premier : celui d’accomplir son rêve. Mais surtout, s’ouvrir aux autres. Parce que sans ces autres… sans ces autres il n’y a rien.

Si l’on me demande, en tant qu’« équivalence », ce qui m’a permis de m’en sortir, ce qui a été ma chandelle au milieu de mon océan noir, je vous réponds incontestablement : les autres. On pourrait dire que les autres sont les étrangers qui vous assaillent de leurs regards parce que vous êtes différent. On pourrait aussi dire que c’est eux qui vous jugent, qui vous retardent. Mais c’est faux. Pour moi, ils n’ont été rien d’autre qu’une bouée de sauvetage qui m’a indéniablement sauvée d’une noyade certaine.

J’ai rencontré des personnes extraordinaires, que ce soit en médecine ou en pharmacie. Des gens assurément curieux mais plein de cœur. Des gens prêts à aider, compréhensifs et toujours là dans les moments les plus sombres, et je les en remercie infiniment. Des gens qui sont devenus mes amis, mes modèles parfois, auxquels je tiens vraiment.

Avec tout ce monde-là, on devient universel. On accepte l’autre et on comprend que derrière chaque personne, il y a du bon.

Si avoir joué au milieu de trois promotions et de deux facultés m’a appris quelque chose, c’est que, aussi dure une situation puisse être, on peut s’en sortir avec un grand sourire et de bons amis, avec en plus une touche de quelque chose d’universel et un regard plus large et reconnaissant de toutes les belles choses que l’on a vécues et qui sont à venir.

Rhéa Nacouzi, FM

Publié dans Dossier

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