Le confessionnalisme, complexité du système politique libanais:

Publié le par Campus-j

Le confessionnalisme, complexité du système politique libanais:

On parle souvent du Liban comme étant un système politique qui, en plus de garantir le respect et la liberté des confessions, fonctionne selon un système de répartition des fonctions politiques entre ces différentes confessions. On parle de confessionnalisme, quelque part créé afin d'aboutir à un certain équilibre politique.

Le Liban se caractérise par sa diversité tant au niveau religieux que culturel et politique. Cependant, cette diversité apparait comme étant la cause de l'instabilité du système politique étant donné qu'elle empêche le développement d'une identité nationale unique.

Suite à la guerre civile de 1975, une "entente nationale" est signée par 31 députés musulmans et 31 députés chrétiens. Cette entente ratifiée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies prend le nom de "accord de Taëf" et a pour but d'arrêter la guerre civile qui avait duré 15 ans.

Cette entente cherche à réaffirmer l'identité libanaise et à opérer des réformes au niveau du système politique ainsi qu'à rendre à l'Etat son pouvoir en tentant de fortifier ses forces armées et de dissoudre les milices.

Des réformes ont lieu, la Constitution de 1990 voit le jour. On parle même d'une "période intermédiaire" sans pour autant prévoir une période déterminée… Le Liban se trouve d’ailleurs dans cette période depuis 26 ans !

Le confessionnalisme devient quelque part un fondement de la vie politique libanaise et devient alors la raison des luttes pour le pouvoir. Il se développe jusqu'à causer des instabilités dans le système politique.

Il s'agit donc d'une forme d'organisation politique, d'une idéologie politique qui se manifeste sans limite.

Ce système politique a pour but de permettre une coexistence entre les différentes confessions au Liban, leur assurer la paix en répartissant les pouvoirs dépendamment de leur poids démographique.

Cependant, il est difficile de considérer ce système comme étant un système réussi.

En effet se trouvant dans un environnement politique et diplomatique instable, cet équilibre des rites est quelque part lui aussi instable.

Cependant, même si ce système apparait comme promoteur d'une liberté religieuse et politique, il présente aussi des risques de lutte pour le pouvoir et donc des tentatives de corruption.

Le confessionnalisme permet d'expliquer l'instabilité politique au Liban tout comme la facilité de détruire ce gouvernement qui apparait difficile à former.

Malgré l'évolution du confessionnalisme, Taëf a cependant mené à un consentement des deux communautés, musulmane et chrétienne. Puisque les musulmans ont renoncé à s'intégrer dans un milieu arabo-musulman et que les chrétiens ont eux renoncé à tisser des liens avec les pays européens.

Mais, ceci n'empêche pas le confessionnalisme de se propager, que ce soit dans l'attribution des confessions ou dans l'organisation sociale. Un citoyen doit appartenir dès la naissance à une confession afin de pouvoir se marier, travailler et voter…

Ce système apparait comme un déficit complexe dans l'organisation politique du Liban. Complexe, certes, mais le système tient en place et la vie politique existe. On peut donc dire quelque part que les communautés religieuses opèrent un équilibre dans la société en apparaissant comme de fortes entités.

La faiblesse du système politique libanais fait quelque part sa force.

Marie-José Gharios, ISP

Publié dans Enquête

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