Le centre d'études universitaires du Liban Nord.

Publié le par Campus-j

Le centre d'études universitaires du Liban Nord.

À quel point disparaître d'un lieu pour s'engouffrer péniblement dans un autre peut être étrange et ardu ?

Il fait toujours calme à l'extérieur, mais l'odeur de l'herbe fraîchement coupée m'enivre.

Je n'ai découvert que peu de ses allées qui s'étendent à perte de vue dans l'horizon bleu et quelques bancs pour reposer mes regards haletants. Ce paysage est hésitant, à mi-chemin entre la pluie et le soleil, mais sans aucun sourire d'enfant...

Le calme s’installe, et moi, je n'ai qu'une pensée: "revenir aussi souvent que possible à ce lieu de plénitude pour observer ce port du bout du monde".

En quittant cet endroit, je prendrai quelques cailloux blancs et des photos de tous les recoins, des salles éteintes, des longs couloirs sombres, des dernières affiches accrochées aux murs et peut-être même des bureaux vides et des gens tristes pour bercer ma solitude.

Le cursus que passe n'importe quel étudiant au CEULN ressemble à un amour qui ne dure que trois ans.

Au début, tout vous semble beau et la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés. Vous écrivez vos histoires avec vos amis et vos professeurs et vous êtes encouragés à passer aux laboratoires croyant manipuler le monde à partir de ces salles. Vous pensez que le temps s’arrête juste pour vous, pour que vous puissiez vivre et découvrir. Ainsi, tout le monde vous regarde, coquets bien soignés que vous êtes !

La deuxième année, les choses changent. Vous devenez tendres et peu sûrs de bien vous reconnaître. La timidité ne vous accompagne plus. Habitués au quotidien, vous marchez sans honte.

La troisième année, ne supportant plus la routine, vous sortez de plus en plus souvent de ce refuge, cherchant la moindre faille pour vous en échapper et commencer un nouveau livre. Comme vous êtes matures maintenant, on a confiance en vous, mais la jalousie vous prend puisque bientôt d'autres personnes vous remplaceront.

Ainsi le CEULN remplit notre tête de souvenirs qu’on ressort à loisir.

Dina El Ahdab, FSN

7 Mars - 2016

Publié dans Dossier

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